Colloques et conférences

 
Colloque L'Union européenne et la gestion des crises, 2-3 décembre 2021

> Programme du colloque "Union européenne et gestion des crises" 2-3 déc 2021 <


Malgré l’actualité, n’est-il pas redondant de reprendre l’analyse de la gestion des crises par l’Union européenne ? Pour n’évoquer qu’un exemple récent, à l’époque de la crise économique et financière, ne parlait-on pas déjà d’épisode « sans précédent », constituant un « tournant décisif » ? Déjà, ne s’agissait-il pas d’une « polycrise » ? Et déjà, la doctrine, notamment européaniste, ne s’était-elle pas saisie du thème de la crise, de sa signification et de son appréhension du point de vue de l’Union ? Alors, à quoi bon tout recommencer ?
Certes, à lui seul, l’argument de la répétition n’est pas déterminant pour écarter toute pertinence à se saisir à nouveau d’un objet d’étude. Après tout, les circonstances ne sont aujourd’hui plus les mêmes, et ces différences sont certainement porteuses de sens pour l’analyse scientifique. Ainsi, ce colloque est d’abord conçu comme l’opportunité de poursuivre des réflexions déjà engagées, de mettre à l’épreuve les conclusions qui ont pu être tirées des situations de crises précédentes à l’aune, notamment, du changement et de la spécificité des circonstances présentes. Mais ce colloque est conçu, aussi, comme une invitation à emprunter d’autres pistes de recherches, pour trois raisons principales : d’abord, parce que la pertinence du concept de crise pour penser l’Union européenne doit-être interrogée ; ensuite, parce que les déterminants principaux de l’analyse des crises européennes paraissent eux aussi devoir être pris comme objet de réflexion, pour être éventuellement contournés, voire dépassés ; enfin, parce l’Union européenne est traditionnellement perçue comme un opérateur de gestion des crises et que la question de sa contribution, ou peut-être plus précisément celle de son droit, à la survenance des crises peut, elle aussi, être posée.

La crise est-elle un prisme pertinent pour porter un regard juridique et scientifique sur l’Union européenne ? Il n’est pas question de nier la place qu’occupe la notion de crise dans le discours sur la construction européenne, ni son caractère opérationnel pour mener certaines analyses, ni, bien sûr, les phénomènes dits de crises qui ont jalonné l’histoire de la construction européenne. Pour autant, à plusieurs égards, cette question mérite, à nouveau, d’être posée. La doctrine a déjà eu l’occasion, d’ailleurs, de dire l’insaisissabilité de cette notion au sein de l’Union : depuis sa création l’Union n’a pas vécu un instant, ou presque, sans être confrontée à une situation dite de crise. Et les formes en ont été si variées que l’objet devient fuyant, indiscernable. Mieux, la vocation du projet européen à l’intégration d’États souverains ferait de la crise le milieu naturel dans lequel évolue et se construit l’Union. La crise serait en ce sens consubstantielle à la construction européenne, celle-ci progressant au rythme des crises et des relances qui en découlent nécessairement. Dépourvu de singularité, l’objet se diluerait alors dans les heurts inhérents au processus de construction européenne. 
En même temps, prenant le contre-pied de cette analyse, n’est-il pas permis de s’interroger sur le bien-fondé de l’utilisation d’une notion signifiant un moment de rupture, de changement décisif, pour décrire un ordre juridico-économique dont les fondations ordo-libérales, ou néolibérales, paraissent depuis 1957 d’une remarquable stabilité ? Dans cette perspective, les épisodes dits de crise, pour n’être pas irréels, ne constitueraient peut-être qu’une surface d’évènements n’affectant qu’à la marge une constitution économique mobile et adaptable mais fondamentalement pérenne. Quelle crise, en effet, en l’absence sur ce point de changement décisif, sans la survenance, pour reprendre les mots d’Hannah Arendt, d’une « situation sans précédent introduisant une rupture avec un passé qui ne fournirait plus les ressources pour penser le présent et s’orienter dans l’avenir » ? En ce sens, la crise pourrait être, finalement, étrangère à l’Union européenne. 
Néanmoins, pour autant qu’il soit tenable, ce constat ne doit-il pas être abandonné compte tenu de la crise sanitaire actuelle ? Cette situation paradigmatique de polycrise affecte-t-elle la structure d’ensemble de l’Union a un point tel que la notion de crise s’avère en l’occurrence vraiment pertinente ? En ce sens, cette crise sanitaire serait-elle la première véritable crise à laquelle l’Union est confrontée ?

Ce colloque fait, ensuite, le pari d’un déplacement de l’analyse : celui d’interroger les phénomènes dits de crise non pas seulement en eux-mêmes, non pas seulement dans la perspective du mouvement historique d’intégration – et de ses retours en arrière –, non pas seulement du point de vue de l’inéluctable répétition de couple crise / relance, mais du point de vue prioritaire des modes de gestion qu’ils suscitent. L’hypothèse consiste à se déprendre du prisme de la dynamique du processus d’intégration pour adopter un point de vue plus statique et tenter d’établir une cartographie des dispositifs de gestion de crise, dans leurs singularités, leurs relations et leurs corrélations. 
Comment s’y prendre ? Comment mener une telle analyse ? Comment penser l’Union indépendamment du mouvement historique autonome, prétendument irréversible, qui en constitue le récit normalement incontournable ? 
Si la gestion est avant tout administration, donc ensemble d’actions et de ressources mobilisées en vue d’assurer une fonction, l’analyse des modes de gestion de crise de l’Union peut emprunter plusieurs voies :  
- Quel rattachement possible des modes de gestion de crises mis en place au niveau européen à la science administrative ? Y a-t-il dans les dispositifs de gestion de crise de l’Union des ferments d’un droit administratif européen, d’un mode d’administration singulier ?
- Comment les crises sont-elles constituées en tant qu’objet dans les dispositifs de gestion de crise européens ? A l’aune de quels principes, selon quelles méthodes, les crises sont-elles gérées ? 
- Comment le concept de gestion de crise et ses méthodes, conçus dans le cadre de la PESC, sont-ils importés dans les autres domaines du droit de l’Union ?
- Quelles ressources de l’ordre juridique européens sont mobilisées ? Avec quel profit ? Quelles limites ? Quels sont les acteurs impliqués ? Comment sont organisées leurs relations, leurs interactions ? Qui décide ?
- Quels sont les effets produits par les dispositifs de gestion de crise sur les caractéristiques essentielles de l’ordre juridique européen ?
- Quelles sont les relations entre les dispositifs de gestion de crise existants ? Y a-t-il des invariants, des corrélations récurrentes ? Y a-t-il des éléments de contradiction ?

Ce colloque, enfin, sera l’occasion d’une analyse critique sur le droit de l’Union lui-même, en tant qu’il pourrait constituer un facteur de crise pour l’Union européenne. Des analyses récentes conduisent en effet à déceler, dans la fabrique et le déploiement du droit de l’Union, quelques grandes tendances, quelques mouvements généraux, dont le sens et la portée pourraient affecter les structures fondamentales de l’ordre juridique européen : fragmentation / parcellisation du droit de l’Union, individualisme, recours au discours sur les valeurs, délégation du pouvoir à l’expertise, incapacité à résoudre la question démocratique, etc. Si tel devait effectivement être le cas, si l’Union produit bien elle-même, à travers son droit, pourtant instrument historique de sa création et moteur de son développement, les germes de situation de crises futures, n’est-il pas d’une impérieuse nécessité pour la doctrine de se saisir du sujet, et de contribuer, ainsi, à la gestion des crises dans l’Union européenne ?
 

 Colloque Union européenne et société civile organisée, Pygmalion et Golem ? 13-14 décembre 2019
L’implication de la société civile dans la prise de décisions était l’un des principes de « bonne gouvernance » de l’Union européenne affiché dès 2001 dans le livre blanc de la Commission européenne sur le sujet.
Depuis le traité de Lisbonne, les institutions sont tenues d’entretenir un dialogue avec les associations représentatives de la société civile et la participation de la société civile constitue un objectif de l’action des institutions, nécessaire au respect du principe d’ouverture. Dans ce contexte, la société civile a vu ses périmètres définis par un droit de l’Union démiurgique, qui a également structuré la contribution de la société civile à la gouvernance européenne et sa participation à l’exercice du pouvoir au sein de l’UE. Les analyses de la participation de la société civile ainsi organisée par l’UE à ses politiques, celles du développement d’instruments d’appui de l’UE aux organisations de la société civile (OSC), mais aussi des mobilisations d’OSC hostiles à certaines politiques –sinon à l’intégration-, sont constitutives d'un réseau de stratégies normatives collaboratives ou critiques.
Elles inscrivent les réflexions relatives à la démocratie participative -et, plus largement, aux déficits « démocratique » et « politique » de l’UE- dans une perspective orientée par la construction juridique d’une société civile européenne.
Colloque UE et société civile organisée, Pygmalion et Golem ? 13 & 14 DEC 2019
 
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Conférences 2021-2022

24 septembre : Conférence d'Alan Hervé, Professeur à l'IEP de Rennes, Responsable du master Europe et affaires mondiales et de la Chaire européenne Jean Monnet - "La Politique commerciale commune à l’heure des crises" - dans le cadre de la Chaire Jean Monnet, 15h30, Amphithéâtre Bonnecarrère

1er octobre : Dans le cadre du partenariat entre la Chaire Jean Monnet et la Maison de l'Europe Côte d'Azur-Var - Conférence sur l'avenir de l'Europe - "Les Priorités pour l'Europe de demain" - 18h30 à l'IMREDD, Cours de l'Université - 06200 Nice

21 octobre : Conférence de J.-E. PERRIN, Commissaire des armées, Directeur du cours militaire de l’Institut International de Droit Humanitaire (IIDH), Senior Legal Adviser auprès de l’OTAN -UE/OTAN : quel avenir pour la défense européenne ? - 14h30, Faculté de droit, Campus Trotabas, salle 210

Conférences 2020-2021

5 octobre : Conférence de Michel Bosco, Conseiller stratégique en entreprises, Ancien fonctionnaire à la Commission européenne : "Vers une politique européenne de défense plus ambitieuse ?", dans le cadre de la Chaire Jean Monnet, 14h30, salle 210
 
16 octobre : Conférence de Marianne Dony, Professeure honoraire à l’Université libre de Bruxelles, Chaire Jean Monnet, Membre du Conseil d’Etat de Belgique et de l’Académie royale de Belgique : "La Cour de justice de l’Union européenne, dernier rempart de l’état de droit", dans le cadre de la Chaire Jean Monnet, 10h30, ZOOM

26 novembre : Conférence de Stéphane Kolanowski, Représentant du CICR auprès de l’Union européenne, l’OTAN et le royaume de Belgique, "L’UE et les défis actuels de la gestion des crises humanitaires", dans le cadre de la Chaire Jean Monnet, 14h30, salle 210, 14 heures 30, ZOOM. 

3 décembre : Conférence du Professeur Jean-Christophe Martin, Maintien de la paix et de la sécurité internationale en Méditerranée : "L’action normative du Conseil de sécurité et sa mise en œuvre par l’Union européenne et l’OTAN",  dans le cadre de la Chaire Jean Monnet, 17h30, ZOOM

16 décembre : Conférence de Maître Ilène Choukri, Arbitre international, avocate, La souveraineté numérique et le droit de l’UE, 9h-12h, ZOOM

22 janvier : Conférence de Cecile Riou-Batista, Secrétaire générale de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) : "L’action de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme en matière de lutte contre la traite des êtres humains", organisée dans le cadre de la clinique juridique de la chaire Jean Monnet (Mandat 2021 : transpositions nationales de la directive  Directive 2011/36/UE), 15h30, ZOOM

17 février : Webinaire de Sandro Gozi, Député européen, Groupe Renew Europe-France, La Chaire Jean Monnet d'Université Côte d'Azur, "Plan de relance : épreuve de vérité pour l’UE ! Quel impact sur la politique régionale et transfrontalière ?", organisé dans le cadre du partenariat entre la Chaire Jean Monnet, la Maison de l’Europe Côte d’Azur Var et le Mouvement européen des Alpes Maritimes. Webinaire animé par Denis Carreaux, Directeur des rédactions du Groupe Nice-Matin, 18h, ZOOM.
 
10 mars : Conférence de Jules Lepoutre, professeur à l’Université de Corse, "Vente de la citoyenneté européenne : la crise des valeurs de l’UE", dans le cadre de la Chaire Jean Monnet, 14h30, salle 326

12 mars : Communication d’Elliot Doucy, doctorant contractuel au LADIE, sur L'UE et le traité sur la charte de l'énergie,  dans le cadre du séminaire du CEDIN (Paris Nanterre) "Stratégies juridiques européennes sur la scène internationale" (Troisième journée d'actualité Patrick Daillier), 16h45

6 avril : Webinaire de Jean Yves Legall, Président du Centre National d’Etudes Spatiales CNES, "L'Europe spatiale est-elle en ordre de marche ? Quelle est sa place et quels sont ses objectifs aujourd’hui dans un un paysage spatial mondial en profonde mutation ?" Dans le cadre du partenariat entre la Maison de l’Europe Côte-d’Azur-Var et la Chaire Jean Monnet, en partenariat avec la Banque Populaire Méditerranée (BPMED), le Groupe Nice-Matin, le Mouvement européen Alpes Maritimes, le Bureau du Parlement europeen Marseille #ensemble.eu 
Débat Animé par Denis Carreaux, directeur des Rédactions du groupe Nice-Matin, 18h00.

8 avril : Conférence de Daniel Ventura, Maître de conférences à Université Côte d’Azur, "La Biélorussie et l'UE : de la coopération intergouvernementale au “civic empowerement“, dans le cadre de la Chaire Jean Monnet, salle 326

29 avril : Webinaire de  Natacha Clarac, Directrice générale du Cabinet de conseil en lobbying Athenora, Bruxelles, animé par Christian Huault, Rédacteur en chef de Nice-Matin et Responsable des magazines du groupe Nice-Matin, "Le lobbying : quels sont les rouages d'une stratégie d'influence dans l'écosystème européen ?", dans le cadre du partenariat entre la Chaire Jean Monnet et la Maison de l'Europe Côte d'Azur-Var 

23 juin : Conférence de Nour Hedjazi, Chercheuse à l'Institut français de géopolitique, et de Chloé Peyronnet, ATER à Université Côte d’Azur, "L’Union européenne face à l'internationalisation du conflit libyen. Enjeux, moyens et possibilités d’action", 18h, salle 210 et sur ZOOM. 

Conférences 2019-2020

9 octobre : « Union européenne et migrations », Catherine Wihtol de Wenden, Directrice de recherche, CNRS, Centre de recherches internationales Sciences Po Paris, 10h-12h, Villa Passiflore, Amphi Bonnecarrère, Campus droit

14 octobre : « Les enjeux européens de la sécurité maritime en Méditerranée », Conférence débat, Commissaire général Thierry Duchesne, adjoint au Préfet maritime en Méditerranée, Eric Steinmyller, Consultant et expert en sécurité maritime auprès de l’UE (Conférence bénéficiant du label « La Fabrique Défense » du Ministère des Armées),  9h-12h30, salle 210

18 octobre : « L’Union européenne face aux crises migratoires en Méditerranée », Jean-Christophe Martin, professeur à Université Côte d’Azur (équipe de la Chaire Jean Monnet), Colloque de l’Observatoire stratégique des mondes méditerranéens, organisé par le LADIE, la FMES et les Universités d’Aix-Marseille, Toulon et Université Côte d'Azur, Campus de la Garde – Bâtiment M, Université de Toulon

5 novembre : « Union européenne et enjeux de criminalité, cybersécurité et terrorisme », Conférence de Pierre Berthelet, Expert en sécurité européenne et gestion des risques, Ancien conseiller ministériel, 19h, Hôtel Le Royal, 13 Promenade des Anglais, 

14 janvier : « Actualité de la lutte de l’Union européenne contre le terrorisme », Conférence de Gilles de Kerchove, coordinateur de l’Union européenne pour le terrorisme, 9h30, Amphithéâtre Bonnecarrère, villa Passiflore, Campus droit 

27 janvier : « L'individualisme libéral, facteur de crise pour l'Union européenne », Conférence du professeur Philippe Maddalon (Université Paris 1), 17h, salle 424
(Compte rendu : https://www.petitesaffiches.fr/actualites,069/droit,044/l-individualisme-facteur-de-crise,16504.html)

17 février : Séminaire annuel sur les relations extérieures de la Russie (avec l’Observatoire franco-russe et la Fondation pour la Recherche Stratégique -FRS-), 14h-18h, Salle des Actes, Grand Château de Valrose, 28 avenue Valrose

18 février :  « L'Union européenne en polycrise », Conférence du professeur Olivier Delas, Chaire Jean Monnet à l’Université Laval, Québec, 14h-17h

19 février : « La crise des migrants », Conférence du professeur Olivier Delas, Chaire Jean Monnet à l’Université Laval, Québec, 9h-12h, salle 210  

21 février : « L’Accord économique et commercial global (CETA) UE-Canada, un accord de nouvelle génération », Conférence-Débat, professeur Olivier Delas, Chaire Jean Monnet à l’Université Laval, Québec, 9h-12 h, salle 210  

10 mars, « Les opérations de gestion de crise de l’Union européenne », Conférence de Gilles Marhic, Responsable des Opérations extérieures, Service européen d’action extérieure de l’Union européenne (SEAE),  10h, salle 210

30 juin : « Face à la crise sanitaire, quelle est la réponse sociale de l’Europe ? », Webinaire des députés européens de la commission parlementaire de l’emploi et des affaires sociales, Sylvie BRUNET, groupe politique Renew Europe et Mounir SATOURI, groupe politique des Verts/Alliance libre européenne, animé par Nicolas Pigeon Maître de conférences au LADIE, membre de l'équipe de la Chaire Jean Monnet ‘Union européenne et gestion des crises’. Conférence organisée par le Laboratoire de droit international et européen d’Université Côte d’Azur, les Bureaux du Parlement européen France et  Marseille, le Mouvement Européen Alpes Maritimes, la Maison de l’Europe Côte d’Azur-Var et l’Institut de la Paix et du Développement. 
 

CONFERENCE 

UE/OTAN : QUEL AVENIR POUR LA DÉFENSE EUROPÉENNE ?
par 

Jean Emmanuel PERRIN,
Commissaire des armées, Directeur du cours militaire de l’Institut International de Droit Humanitaire (IIDH), Senior Legal Adviser auprès de l’OTAN
Par delà la déclaration du président français sur « la mort cérébrale de l’OTAN », l’actualité de la défense européenne est particulièrement riche dans un contexte où le retrait américain d'Afghanistan a sans conteste relancé la réflexion sur l'autonomie stratégique européenne, où la constitution de l’AUKUS Pact éprouve le dialogue stratégique avec les Etats-Unis.
Le sommet sur la défense européenne, qui sera organisé par la présidence française de l'Union européenne au premier semestre de 2022, la récente déclaration de la présidente de la Commission selon laquelle « le moment est venu pour l'Europe de passer à la vitesse supérieure (…), se défendre contre les cyberattaques, agir là où l'OTAN et l'ONU ne sont pas présents et gérer les crises à temps » ou les discussions relatives à création d'une force européenne de réaction rapide, permettant à l'UE d'intervenir pour protéger les intérêts européens lorsque les Etats-Unis ne veulent pas être impliqués, sont des éléments susceptibles d’enrichir les analyses relatives au partenariat OTAN-UE au regard des défis de sécurité actuels. Ces analyses ne peuvent en outre faire l’économie des évolutions et tensions internes à l’OTAN. En effet, si le Secrétaire général affirme de longue date que le développement d’une défense européenne serait néfaste pour l’Alliance atlantique et l’unité des Européens, le propos semble être nuancé par la récente déclaration du Secrétaire général délégué, selon lequel un renforcement de l’Union européenne dans le domaine de la défense pourrait renforcer l’Alliance, mais ne permettrait pas de la remplacer.

 
21 octobre 2021-14h30
Faculté de droit, Campus Trotabas,
salle 210

 
Lien ZOOM sur demande à :
ladie@univ-cotedazur.fr



Retrouvez sur YouTube les conférences de la chaire Jean Monnet "UE et gestion des crises"

Conférence d'Alan Hervé, professeur à l'Institut d'études politiques de Rennes, Chaire Jean Monnet, "la politique commerciale commune à l'heure des crises", 24 septembre

Alan Hervé est professeur à Institut d'études politiques de Rennes, responsable du master Europe et affaires mondiales et de la Chaire européenne Jean Monnet. Spécialiste de droit de l'Union européenne et de droit international économique, ses travaux portent particulièrement sur le droit des relations extérieures de l'Union, la politique commerciale de l'Union européenne, la gouvernance économique de la zone euro.

Le monde de l'après Covid-19 est déjà là en matière de commerce international.
Poursuite de l’essor économique de la Chine, affaiblissement continu de l’OMC et du multilatéralisme, guerres commerciales, irruption des considérations sécuritaires, Brexit, crises climatique et pandémique sont autant de chocs qui obligent l’Union à repenser les termes de ses échanges commerciaux avec le reste du monde.  De fait, une pluralité de concepts nouveaux, du level playing field à l'autonomie stratégique semblent amorcer un nouveau cap à cette politique et, semble t-il, une rupture avec des décennies d'ouverture et de libéralisme triomphant. 
Qu'en est-il réellement ? Que traduisent effectivement les concepts et les décisions prises par l'Union ces dernières années, en particulier depuis la pandémie ? 

Video de la conférence : https://www.youtube.com/watch?v=WHPweW-1nNc&t=27s

Conférence de Nour Hedjazi, Chercheuse à l'Institut français de géopolitique, et de Chloé Peyronnet, ATER à Université Côte d’Azur, "L’Union européenne face à l'internationalisation du conflit libyen. Enjeux, moyens et possibilités d’action", 23 juin 2021
 

Vidéo de la conférence :  https://youtu.be/xXMtNE1Zv6A

Conférence de Daniel Ventura, Maître de conférences à Université Côte d'Azur, "La Biélorussie et l'Union européenne : de la coopération intergouvernementale au "civic empowerment", 8 avril 2021

La relation que l'Union européenne et le régime biélorusse entretiennent depuis 2016, dans le cadre du « Partenariat oriental », a connu un coup d'arrêt brutal à la suite des évènements dramatiques qui ont entouré l'élection présidentielle du 9 août 2020. Ces évènements autorisent à adopter un regard critique sur cinq années de coopération marquées par une approche fortement différenciée, une conditionnalité souple et une posture générale de confiance assumée envers le régime biélorusse. En choisissant au contraire de resserrer ses liens avec la société civile, L'Union assume désormais, depuis l'automne 2020, de chercher à développer la « résilience » de la société biélorusse, ce qui illustre un tournant fondamental de sa stratégie de coopération. En sus de classiques mesures restrictives touchant le régime, l'UE entend faire de la société civile le levier d'une transition démocratique et pacifique partant de la base plutôt que du sommet.

Vidéo de la conférence : https://www.youtube.com/watch?v=7Y9-CSHSNcU

Conférence du Professeur Jules Lepoutre "Vente de la citoyenneté : la crise des valeurs de l'UE", 10 mars 2021

Malte, Chypre, la Bulgarie, l'Autriche ont développé des programmes de "citoyenneté par investissement" étroitement surveillés par la Commission. Face à la multiplication de ces "passeports dorés", la présidente von der Leyen a déclaré dans son discours sur l'état de l'Union que "les valeurs européennes ne sont pas à vendre".
Dans le cadre de la Chaire Jean Monnet "Union européenne et gestion des crises", le Professeur Jules Lepoutre, auteur de l'ouvrage Nationalité et souveraineté (Dalloz, 2020), membre de l'équipe de la CJM, analyse les procédures d'infraction à l’encontre de Malte et de Chypre, lancées en octobre dernier par la Commission selon laquelle la vente de la citoyenneté européenne n'est pas compatible avec les valeurs et principes de l'UE. 

Vidéo de la conférence : https://www.youtube.com/watch?v=VDlSJ9HvFxQ&t=15s

Conférence de Cécile Riou-Batista, sur "L'action de la CNCDH en matière de lutte contre la traite des êtres humains", 22 janvier 2021.

La clinique juridique AJIRE (Analyse juridique de l'intégration des règlementations européennes) de la chaire Jean Monnet s'est vue confier pour l'année 2020-2021 un mandat de recherche par S.E. Michel Veuthey, Ambassadeur de l'Ordre de Malte pour la lutte contre la traite des êtres humains. Dans le cadre des travaux de la clinique, Cecile Riou-Batista, Secrétaire générale adjointe de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH), diplômée de Sc.po. et spécialiste de sociologie politique, a prononcé  le 22 janvier 2021 une conférence  sur "L'action de la CNCDH en matière de lutte contre la traite des êtres humains", analysant la transposition et l'application par la France des testes de l'UE relatifs à la lutte contre la traite des êtres humains. 

Vidéo de la conférence : https://www.youtube.com/watch?v=zAQ6aau4-mo&t=59s

Conférence de Stéphane Kolanowski, "L'Union européenne et les défis actuels de la gestion des crises humanitaires", 26 novembre 2020

Stéphane Kolanowski, Représentant du CICR auprès de l'UE, l'OTAN et du Royaume de Belgique, auteur de nombreuses publications sur le droit international humanitaire, membre de l'équipe de la CJM, partage ses analyses sur la gestion des crises humanitaires par l'Union européenne, en revenant sur l'histoire de cette politique depuis la crise du Biafra, jusqu'aux crises actuelles pour lesquelles l'UE est devenu le premier donateur d'aide. La contradiction possible entre l'approche politico-diplomatique, les missions dans le cadre de la PSDC, et la défense des principes humanitaires d'impartialité et d'indépendance dans le cadre des actions financées par la DG ECHO est présentée dans le contexte de crises récentes : Syrie, Ukraine, etc., mettant en exergue le défi de la politisation et de l'indépendance de l'action humanitaire de l'UE, ainsi que celui des conséquences des sanctions de l'UE, parfois susceptibles de paralyser l'action humanitaire.

Vidéo de la conférence : https://www.youtube.com/watch?v=IQoA-NepCbk

Conférence de la Professeure Marianne Dony : "La CJUE, dernier rempart de l'Etat de droit ? Analyse des affaires Commission c/ Pologne, 16 octobre 2020

Les litiges suscités par les réformes de la Cour suprême polonaise et des juridictions de droit commun, et les décisions rendues à partir de 2019 par la Cour de Justice de l’Union européenne sont analysés par la professeure Marianne Dony (Université Libre de Bruxelles, Chaire Jean Monnet, Membre du Conseil d’Etat de Belgique et de l’Académie royale de Belgique, membre de l'équipe de la chaire Jean Monnet "UE et gestion des crises"), dans le contexte de la crise des valeurs de l'Union et du recours à l'article 7 du Traité sur l'Union européenne.

Vidéo de la conférence : https://www.youtube.com/watch?v=UgYf7wzqQHM&t=1274s

Conférence du professeur de Philippe Madalon : "L’individualisme libéral, facteur de crise pour l'Union européenne ?"
Philippe Madalon, Professeur de droit public à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, propose une analyse de la construction juridique de l’Europe sous l’angle de l’individualisme libéral, dans ses dimensions tant politique qu’économique. Sur la base d’une étude approfondie des textes européens ainsi que de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et de la Cour de justice de l’Union européenne, M. Maddalon émet l’hypothèse que l’individualisme qui caractérise la façon de faire du droit au niveau européen est potentiellement un facteur de crise structurelle pour la construction européenne. En faisant de l’individu la valeur suprême, en matière économique comme en matière de droits de l’homme, le droit européen incite au repli sur soi plus qu’il ne concoure à dessiner les contours d’une communauté politique au niveau européen. 
 
Conférence du Professeur Olivier Delas : "l'Union européenne en polycrise"
Le Professeur Olivier Delas, Chaire Jean Monnet à l'Université Laval, professeur invité du Laboratoire de droit international et européen d'Université Côte d'Azur, a prononcé, dans le cadre de la chaire Jean Monnet, le 18 février 2020, une conférence sur "L'UE en polycrise".